Cercle Amélie Murat


cercle amélie murat

poésie

Regardons

Il tend ses bras tordus en guenille, rugueux.
Il mendie de ses mains un regard, un sourire,
Mais on ne le voit pas, c'est bien cela le pire ;
On intéresse qui , lorsqu'on a l'air d'un gueux?

C'est vrai qu'il n'est pas beau ; mais durant son jeune âge
Tout le monde l'aimait, il était grand et fort,
On venait l'admirer, on étreignait son corps,
On louait, dans l'hiver, son calme et son courage.

Là, vous tournez les yeux, pourtant il gît par terre
Allongé dans la boue, miséreux cimetière...
Devant cette âme seule, au squelette retors,

Quand un enfant s'attriste, une larme à sa joue,
Son papa bêtement, sans pitié, lui avoue :
"Je ne l'avais pas vu ; c'est rien qu'un arbre mort ! "

Claude Clauzon




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