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2011-09-30 Projet photopoemes |
Poèmes proposés pour le projet d'exposition photopoèmes:
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CLAIRE DEMANGE
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JARDIN SAUVAGE
Dans le jardin sauvage
Les herbes en mèches blondes
Eparpillées
Sourient au soleil
Elles s’ inclinent sur les bordures
Défient les lignes
Ont balayé le jardinier
En rebelles étonnées
Le jardin leur appartient
De chèvrefeuille et liseron
Fleurant l’été
Un été de brouillon
Et la pêche de vigne
Piquée tachetée
Sur le pêcher noueux
Aux branches fracturées
Le portail descellé
N’ aura pas résisté
Aux flammes végétales
Et leur feu luxuriant
Le jardin brûle
De ses herbes sauvages
Juin 2011
JUSTE L’ AUTOMNE
L’ été décline ses langueurs
Ses tièdes chaleurs assourdies
Frôle les herbes du regain
Il fera beau demain
Mais les gouttes de rosée glissent
Sur les sentes endormies
Lorsque la lune du matin
S’ efface en un léger soupir
L’ été bascule vers le soir
La fraîcheur des matins tardifs
Et leurs calmes brumes de moire
Sur les prés qu’ elle ébouriffe
Bientôt l’ automne juste l’ automne
Le voile oblique de lumière
Rasant le sol quand il braconne
Se perd dans l’ ombre solitaire
Que reste t’ il du bel été ?
Septembre 2011
TIEDEUR D’ ETE
L’ été des matins déjà tièdes
L’ été des après midi de soleil
Où l’ on boit la lumière
Pénétrés de chaleur
L’ été des soirées encore tièdes
L’ été de ta petite main glissée dans la mienne
Quand nous marchions sous les tilleuls en fleurs
Et leur parfum dilaté par la tombée du jour
Je me souviens
De l’ allée de tilleuls
A petits pas tandis que descendait la nuit
Petits pas mon enfant du crépuscule
Un bonheur de senteurs partagé avec toi
Eclat de mémoire où correspondent les sens
Mais surtout la pression légère de ta main
Au creux de la mienne
Au cœur d’ une soirée d’été
Et sa tiédeur caressante….
Juin 2011
PAYS PERDU
L’ herbe était rousse sur une terre infinie
Courbée plaquée au sol dans le couloir du vent
Parfois des touffes drues hérissées vers le ciel
Et j’ errais dans mon cœur sur ce parcours désert
Il m’ invitait au tourbillon sauvage terre
Terre échevelée piquée de gentianes ocre
En ce jour d’ automne vagabond et fané
Où la lumière rase affleure dans le silence
Le silence glisse sur les monts endormis
Je le vois épouser la courbe de leurs flancs
Mais j’ entends aussi la plainte du vent rebelle
Qui fait gicler le glacis froid du paysage
Soudain le puy à son nuage entremêlé
Déroulant sur le ciel son échine pelée
Déchira la lande essouflée et l’ échappée
Au tranchant fulgurant m’ ouvrit cet autre espace
Celui du haut sommet qui relève les terres
Les terres basses les pâtures les tourbières
Celui qu’ embrassent les dures neiges de glace
Serrant en altitude les estives muettes
Cet autre espace halluciné des hautes terres
De vent fou et de rafales battant la roche
Je m’ agrippe à son col pour l’aimer davantage
Pays perdu des puys violents et landes rousses
Le pays rude de mon enfance terre d’Auvergne
Novembre 2007-11-13
PHOTOGRAPHE
Je suis un merle photographe
Mon œil est rond bien affuté
Tout ce qui bouge je l’ agrafe
Sur mon film d’ actualité
Je vois les hommes tout petits
Dans des campagnes bariolées
Ou des villes de confetti
Debout assis ou bien couchés
Des reflets de terre et de mer
S’ impriment sur mon cristallin
Sa transparence sur l’ envers
Se couvre d’ ombre et cet écrin
Est torturé de vas et viens
D’ agitations ecervelées
Pour d’ éphémères lendemains
Mais moi sur mon souffle léger
Je vole et mon aile tranquille
Laisse ces hommes ahuris
Merle photographe secret vigile
Mon œil inscrit la tragédie
Moi je vole
Fin poèmes de Claire Demange
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CLAUDE FERNANDEZ
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NUAGE
Lorsque Zéphyr l'entraîne
Son corps indécis flotte
Mais quand souffle Notos
Qui l'excite et le fouette
Comme Protée rusé
Le voici lynx, panthère
Lion, tigre ou bien dragon.
Parfois son âme triste
Verse des pleurs sans fin.
Ses larmes titanesques
Vont abreuver la mer.
LAC SOUS LE CRÉPUSCULE
Tout se pâme ici, feuille, épi, corymbe et grappe.
Les vénéneuses baies, sous les branches appendent.
Les frondaisons touffues, s’étiolent dans l’air tiède.
Les putrides amas, s'évanouissent en miasmes.
La bise fleur d'arum, en sa corolle ouverte
Découvre son pistil, au dangereux parfum.
Relent avec senteur, en symphonie muette
Nous enivrent les sens, d’horreur et volupté.
Voici qu’un arbrisseau, vers l'eau diaphane penche
Tel Narcisse adorant, son image liquide.
Philomèle est partie, loin du rivage morne
Qu'habite seul ici, l'amant fier de Léda.
Quelquefois d’un effort, majestueux et lent
De même qu’Espérance, étouffée par Angoisse
Vainement il s'envole, et retombe aussitôt.
Suivant chaque saison, de sa grise paupière
La nostalgique lune, ainsi qu’un œil lassé
Recouvre ou bien découvre, un iris lactescent.
Le Temps silencieux règne, en absolu despote.
Nul jamais ne pourrait, semble-t-il en ces lieux
Troubler ce lac de plomb, ces rameaux de charbon.
Ce gour mélancolique, a sans doute vécu
La Nuit de l'Origine, et l'Aube primitive.
Sous le mystérieux flot, sans doute s'abîma
Le château merveilleux, du fabre Ilmarinen.
Et sans doute Ophélie, s’est-elle ici noyée.
ROCHERS
Vous semblez animaux figés
Sereins, dans l'ombre du sous-bois.
L'un paraît un ours accroupi
L'autre un lion pacifique assis
L'autre encor est un éléphant...
Nul souffle en vos corps ne frémit
Nul sang ne circule en vos chairs
Nul son n'ébranle vos poitrails
Mais en vous l'on sent palpiter
L'Âme universelle des choses.
Vous ne rugissez, n'aboyez
Vous ne barrissez, ne miaulez
De vos gueules changées en pierre
Ne sort que l'éternel silence.
Vous demeurez, vous méditez
Sereins, dans l'ombre du sous-bois.
LES ROCS
Morceaux d’Éternité, fragments
De l’Être multiforme, énorme
Qui roule au cosmos ténébreux
Sa diaspora d’essaims flambants.
Débris de soleils défunts, cendres
Jadis échouées, accrétées.
Fils de l’astéroïde errant
Vous étiez Feu, Rayon, Lumière
Vous êtes cristaux, minéraux.
Vous étiez bouillants, fulgurants
Vous êtes gelés, pétrifiés.
Vous portez l’essentiel Mystère
Qui jadis enfanta les Mondes.
Vous contenez la prime Énigme
De l’éternelle Création.
Vous êtes Force et Robustesse.
Vous êtes Solidité, Masse
Vous êtes Compacité, Poids
Densité, Dureté, Volume.
Surgis de l’insondable écorce
Vous êtes pics, monts, cordillères
Vous devenez blocs, éboulis
Vous êtes pierraille et rocaille
Vous êtes gravier puis sablon
Vous devenez bientôt limon.
Le souffle du Zéphyr, alors
Vous disperse au-delà des cieux.
LES VIEUX PLATEAUX
Je vous aime, ô vallées, vieux plateaux désolés.
Sur les fronts dégarnis, de vos chaos difformes
L'on ressent le Mystère, habitant la Matière.
Vous êtes Beauté, Sérénité, Majesté
Vous êtes Pureté, Splendeur, Magnificence.
Vos marnes délitées, sont anciennes tablettes
Minéraux papyrus, terrèques parchemins
Du globe nous contant, la millénaire histoire
Message sybillin, que la Science déchiffre.
Plus que l'Académie, que l'antique Lycée
Vous invitez l'esprit, à la philosophie.
Vos cascades sont lynx, aux mouvants reins liquides.
Vos rus clairs sont boas, aux brillantes écailles.
Vos grottes camouflées, sont cryptes et chapelles
Que hantent l'ægypan, le faune et la dryade.
Vos crêtes sont pyrées, temples et basiliques
Mastabas, ziggourats, menhirs et tumulus
Consacrés à Pan, Gaïa, Déméter, Cybèle.
Vos sources dérobées, sont lustrales fontaines
Qui ne sont point souillées, par une bouche humaine.
Vos lacs sont encensoirs, d'où la brume s'élève
Religieuse vapeur, dans l'éther s'élampant.
Je vous aime, ô vallées, vieux plateaux désolés...
Fin poèmes de Claude Fernandez
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ROGER JIMENEZ
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SOIR D’AUTOMNE
Enveloppé de brume épaisse et de froidure,
Le bourg s’est engourdi replié miséreux.
Et dans le crépuscule au souffle vaporeux,
Frémit une lueur du haut de sa mâture.
On perçoit du passant, auprès d’une clôture,
La silhouette sombre aux gestes ténébreux,
Tandis que tinte au loin, son frêle et poussiéreux,
Le clocher enfoui sous l’opaque tenture.
La maison a fermé sa porte et ses volets.
Au dehors on entend chanter les ruisselets,
Le clapotis de l’eau sautant de la gouttière
Et le silence lourd, humide et pénétrant.
Abrité sous l’auvent, tout contre la chatière,
Lové dans sa tiédeur, sommeille un chien errant.
AU JARDIN DES SENS
J’ai coursé délirant le murmure des fleurs
Du jardin saturé de troublantes aubades,
De chants mélodieux, de douces sérénades
Que de divins effets roulaient ensorceleurs.
J’ai senti le parfum des vibrantes humeurs
Aux ondes qui flânaient folles en embuscades
Dans les chemins poudreux aux lourdes cavalcades
De ce pollen en vol qui fécondait les cœurs.
Et dans l’Eden offert aux sensibles papilles,
J’allais tout pénétré du décor, des quadrilles
Que les plants élancés enlevaient chamarrés.
Et j’entrais dans la danse, encore un peu timide,
Empreint de l’harmonie, épris de voluptés,
Pour m’envoler ravi pareil à la sylphide !
IMPRESSIONS D AUTOMNE
La nature s’éveille et lentement le ciel
S’illumine aux couleurs de teintes rousse et miel.
Une brume endormie opalescente et basse
A baigné la campagne où le vent se prélasse.
C’est un soleil discret qui sert de clé de sol
Et nonchalant se pose après un court envol,
Quand les piafs installés sur les fils électriques
Forment en blanc et noir les notes de musique.
Comme une partition de mille et une voix
Que le vent de l’automne au son doux du hautbois
Accompagne en un hymne à la nature immense,
Tous ces trilles heureux annoncent la partance.
Et sur cette portée, on les dirait assis,
Qui va depuis le do jusqu’au plus petit si.
Je saluais le groupe, au départ vers l’Afrique.
- Ne vous attardez pas sur les bords des tropiques !
Sur un ordre venu impératif et bref
La nuée à l’envol s’élance et suit le chef.
Et ses évolutions au dessus de ma tête
Sont l’au-revoir ami de la troupe au poète.
LE MANEGE
Il tourne et tourne le manège
Cahin-caha et cahotant
Son cœur qui bat papillotant
Bêle grésillant son solfège.
Nous sommes dans un grand cortège
D’un univers déconcertant,
Il tourne et tourne le manège
Cahin-caha et cahotant.
Pégase double sur son siège
L’enfant qui monte chahutant
Léviathan, le Chat- huant
En se moquant du sortilège.
Il tourne et tourne le manège
Cahin-caha et cahotant !
LE VIEUX BANC
Ce banc qui m’interpelle et dit son désarroi
N’accueille désormais aucun hôte sensible
Jamais aucun ami, compagnon d’autrefois
Ne revient en ce lieu pour une halte paisible.
Il est sale, il est laid, pauvre et dénaturé.
Il a des vieux les traits creusés de mille rides
Qui font nous émouvoir, le relief délavé
Du malade assoupi au teint pâle et livide.
Il garde en sa mémoire, effacé confident,
Les discours murmurés des amours triomphales,
Les rires et les cris de ces groupes d’enfants
Qui jouaient avec lui, chevauchant Bucéphale.
J’imaginais l’angoisse et les nombreux tourments
D’une âme abandonnée à son destin tragique.
J’allais quitter l’endroit pensif et tristement
Je l’observais un temps, quelque peu nostalgique.
Ce que je vis alors me remplit de bonheur.
La chorale du ciel venait y faire relâche,
Des pinsons, des pouillots et le merle siffleur,
Des petits écureuils et leur queue en panache !
Je m’en allais enfin, sifflotant à l’envi
Heureux du dénouement, sans perturber la fête,
Songeant à ce vieux banc, amuseur averti,
Qui avait suscité l’engouement du poète.
fin poèmes Roger Jiménez
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FRANÇOIS DEMANGE
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Durtol, mon village
Je t’admire mon hameau avec passion
Tu vis tristement sans ostentation
Que Dieu et Saint Cyr te gardent
De la médiocrité de la capitale malade.
Blotti à l’abri des vents d’orient
Tu paresses sous un soleil encore méfiant
Alangui dans les frimas d’un début d’hiver
Entre les pieds d’argile du grand volcan encore vert.
De ce balcon de nature suspendu entre terre et ciel
J’aperçois, odeurs enivrantes de liberté et de miel
Bras levés en signe de victoire
Majestueuse miniature, les tours de la cathédrale de lave noire.
Horizons infinis dans lesquels se mirent mes espoirs
Mes yeux s’égarent aux confins des bois noirs
Pin parasol, rêve de garrigue et de jours meilleurs
Une châtaigne roule à mes pieds, retour à la réalité, le jour se meurt.
Epoque révolue d’un village vigneron
Nectar aux senteurs boisées ou piquette sans nom
La maladie et l’incurie des hommes
Ont détruit les vignes ; on ne ramasse plus que des pommes.
Des tréfonds de la terre, les mineurs
Aux plaines du nord, ciel qui se meurt
Havre de paix et d’air pur, sont venus dans la paroisse
Laver le noir du charbon et leurs angoisses.
La petite chapelle sans apparat, vestige du passé
Par le château qui l’a vu naître, délaissée
De la fontaine blottie contre son flanc, avec l’aide de Dieu
Protège un filet d’eau de vie et d’espérance et les malades, jeunes ou vieux.
Maison grise et rustique, pierre de lave, un rosier
Et une écharpe de fer forgé habillent le balcon et l’escalier
De la porte cochère entrouverte s’échappent prudents
Quelques senteurs passées de vin et les cris des enfants.
Village sans forme, et finalement très banal
Ton âme est profonde, la sérénité tu exhales
Tu me ressembles vraiment, avec toi je convole
J’écris ces quelques lettres au fronton de mon cœur : D.U.R.T.O.L.
Le 9 décembre 2007
Eclipse
Matins d’hiver, lueurs
La nuit noire a fui
Disparaissent les peurs
Vole l’oiseau de vie
La lune a rendez-vous
Avec le pâle soleil
Dans l’immensité jouent
Les deux astres pareils
Se poursuivent, se frôlent
Ces célestes fiancés
Amoureux et si drôles
Vont-ils se rattraper ?
L’oiseau de nuit s’endort
Curieux ballet nuptial
Dans le froid de l’aurore
Dansent aux airs du bal
Lentes arabesques
Sur l’horizon si blanc
Ils s’aimèrent presque
Comme de vieux amants
Un tout dernier baiser
Une larme s’éloignent
Dans les brumes givrées
Par delà les montagnes
La lune est partie
Retrouver les étoiles
Le soleil a souri
A Marie qui dévoile
Son sourire d’enfant
Ciel bleu midi l’hiver
Elle rêvera longtemps
De la vie les mystères.
Le 13 janvier 2011
Orage de lumière
Nuit noire la lune d’été
Si ronde et sentimentale
Veille sur mille ombres chinoises
Enfants émerveillés amants
Rêvant cet instant longs cyprès
Saules riant aux airs du bal
Chansons populaires ou bourgeoises
Quatorze juillet soir charmant
Soudain orage de couleurs
Fin crachin d’or et d’émeraude
Pluie de saphir ou de rubis
Tombe mollement sur la foule
Mille fusées pour un bonheur
Eclaboussent comme une ode
Les yeux ébahis des petits
De notes d’arc en ciel qui roulent
Je me rêve petit garçon
Sur un pont enjambant la Meuse
Fier et si fragile pourtant
Sous ce déluge de feu d’or
Passent les étés de moissons
En feux d’artifice je creuse
Ma tombe inflexiblement
Et pleure déjà l’enfant mort
Mes états d’âme sous l’arc en ciel d’étincelles
S’estompent pourtant à chaque fois que ruisselle
Le bonheur d’admirer deux mille aquarelles
Dans les yeux profonds de cet enfant que j’appelle
Feu d’artifice du 14 juillet 2011
Odeurs de Bretagne
J’aime sentir de la Bretagne les odeurs
Sur un rocher de granit entre ciel et mer
Je respire le vent et le pollen des fleurs
Le bruit incessant des goélands dans les airs
Quand se lève le vent à l’ouest sur Ouessant
Les flots noirs cachent de l’océan les mystères
Pour combien de marins le tombeau terrifiant
Es-tu devenue, les arrachant à leur terre ?
Les vagues infinies roulent leurs souvenirs
Venus d’Orient pour les déverser à mes pieds,
J’entends l’écume de leurs lèvres recouvrir
Le granit fier et mon cœur de la vie lassé.
Après la tempête, j’écoute le silence
De la pluie fine et grise, mer et ciel mêlés
Nul ne sait où l’horizon finit et commence
Le fou de bassan se perd dans l’immensité.
Ni voile à l’horizon, ni fumées dans les ports
Sur les flots mélancoliques rêve une mouette
Seules les gouttes troublent le pays qui dort
Je vois la ville engloutie, songes du poète.
Quand le soleil revient sur la lande bretonne
Mon visage apaisé dans les eaux émeraude
Se reflète et joue avec les vagues friponnes.
Au loin un grand thonier revient des antipodes.
Sur les flots inondés de milliers de diamants
Les voiliers jouent et je respire les jasmins
Marée basse : sur la plage rient les enfants ;
Et les hortensias colorent en bleu les jardins.
Je suis un peintre : noires ardoises et murs blancs
Quelques caresses de couleurs sur les volets
Dessine une vieille et sa coiffe dans le vent
Une plage qui se dévoile au gré des marées.
Suis-je musicien ? La complainte d’un biniou
Accompagne les violons qui au large pleurent
Et répondent au phare immense sur son caillou
Fier de protéger de ces lieux anciens le cœur.
Ne suis rien face à l’infini de cette terre
Du matin jusqu’au soir et du soir au matin
Sur mon rocher de granit entre ciel et mer
Je vis ce pays qui est maintenant le mien.
Le 27 août 2008
Printemps
Mars enfin efface l’hiver
Coloriant la froidure en vert
De la vie le peintre vieux
Barbouille le soleil de bleu
La terre fumante exhale
Soudain quelques odeurs pâles
Et sous les feuilles mortes poussent
Champignons fougères ou mousses
Mars enfin efface l’hiver
Peignant de chaleur le pic-vert
De sa torpeur un écureuil
Sort riant au milieu des feuilles
De tous les buissons et les branches
Eclosent en corolles blanches
Mille fleurs et tous les jasmins
Eclaboussent d’or les jardins
Des sous-bois montent une clameur
Douce et enivrante c’est l’heure
Où les chevreuils et les oiseaux
Chantent l’amour sous les ormeaux
Le cœur du poète est pareil
A la nature qui s’éveille
En lettres de couleurs écrit
La renaissance de la vie
Le 22 avril 2010
fin des poèmes de François Demange
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Colette THÉVENET
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le rocher n'était là
que pour elle
la chapelle
de mémoire de Saint
elle devait s'adosser
entre le roc et le nuage
humer au vent mauvais
le parfum gris
de la terre
être un point d'exclamation
a demi formulé
dans les litanies
ordinaires.
l'aurore a givré la plaine
dans les peupliers
les boules de gui
ressemblent
à des nids d'organdi
éclosion de jeunes bonheurs
La fraîcheur de l’aube
habille d’organdi
le giron des sources
les fougères frissonnent
vouées aux volontés de l’eau
du vent griffant les lys d’eau
des visages familiers glissent
gouttes d’ombres éphémères
voici le jour et sa lumière.
La brume flâne
entre les bras de la lune
ou peut-être plus bas
entre les boules des réverbères
petites lunes des villes
au fond tout se confond
trop de lumières
et si peu d’étoiles.
J'aime le Pariou
Et sa gueule béante
Tous les chevaux de feu
Qui dansent dans son ventre
Ruisselant de beauté
Au couchant des bruyères
Quand l'astre fatigué
Se noie dans son cratère
À l'ombre du grand frère
Sévissent tous ses charmes
La lune même voilée
Lui jette un clair de larme
Dans la verte foulée
De ses pentes-alépines
Il orchestre le vent
En chef vivifiant
Quand vient blanche-pelisse
Sur son échine rêche
Notre vieux baladin
Dilapide ses filtres
Dans le regard profond
Du flâneur des sentes
J'aime le pariou
Et sa gueule béante.
fin des poèmes de Colette Thévenet
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BERNARD COUDIÈRE
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L’EVEIL
L’aurore où l’astre d’or parait à l’horizon
Pénètre doucement par la porte mi close,
Le lilas tend ses bras à la belle saison
Et l’hirondelle au loin chasse l’hiver morose.
Le vieux poêle respire au cœur de la maison
Près de lui un chaton s’étire et prend la pose.
C’est une eau qui frémit quand passe le frisson
D’un parfum matinal que l’univers compose.
Sans animosité dans son recoin discret
L’horloge ponctuelle en sonorités brèves
Invite les enfants à délaisser leurs rêves.
De leur nuit étoilée, ils gardent le secret
Où palpite l’espoir délicat et fragile,
Dans le ciel azuré, d’un avenir fertile.
LA FETE DU PRINTEMPS
Voilà le renouveau! clament les hirondelles
Quand le soleil heureux danse sur l’horizon
Ses rais étincelants couvent la frondaison
Sublimant avec art le charme des tonnelles.
Violette et jonquille, hâtives demoiselles
Exhalent de subtils parfums de floraison
Un enfant ravi cueille un bouquet de saison,
Son ami le printemps a déployé ses ailes.
La fraise délicate a repeint ce matin
De touches nacarats un recoin du jardin.
Chacun s’active afin de préparer la fête.
Deux tourtereaux ont fait leur nid dans le buisson
Et pour que la chanson des amours soit parfaite,
La chorale du ciel répète à l’unisson.
LE PETIT CHEMIN
C’est un petit chemin qui va je ne sais où,
Recouvert d’herbe folle et de discrets cailloux
Il côtoie les blés d'or et les ronces rebelles,
Et d’ombrées en adrets, fleurant la liberté,
Court dans le pur espace au regard de l’été,
Ou s’arrête écouter chanter les cascatelles.
LE CERCLE D’AMELIE
Au jardin magicien, à l’ombre d’Amélie
Fleurit la poésie et le rêve imagé.
Les rimes ont des jeux, les mots leur mélodie
Qui suscitent l’attrait d’un plaisir partagé.
Harmonieusement, je récolte les grappes
Que produit la tonnelle au nectar fruité
Dans un bonheur complice, au fil de ces agapes
Qui lie tous les accents en solidarité.
Apôtres accueillants d’une cérémonie,
Ils se donnent la main pour réseauter en chœur
Avec de l’éloquence, en une symphonie
Sur les accords majeurs qui nous vont droit au cœur.
Sous la voile du cercle aux heures agréables
Où la parole s’offre en toute liberté,
Ils se grisent des vents, sources intarissables
Des œuvres en cordée aux goûts d’affinité.
EMOTIONS D’ENFANCE
Ton vol, belle hirondelle
Augure l’arc en ciel
Quand déjà l’eau ruisselle
Sous l’éther diluvien.
L’orage désaltère
Et rend à l’atmosphère
Les parfums que libère
Le jardin magicien.
Tout au long des clôtures,
La collecte des mûres
Reine des confitures,
Le panier sera plein.
Le mauvais temps succombe,
Quand le soleil surplombe
De ses rayons la combe ;
Docile un troupeau vient.
La moisson s’amoncelle,
En levant la javelle,
Une prière appelle
Notre pain quotidien.
La campagne frissonne
Aux portes de l’automne,
Un petit chat ronronne
Près du feu qui s’éteint.
Lentement le temps passe,
Jamais souvenir lasse
Ni l’émotion s’efface
De l’enfance et des siens.
fin des poèmes de Bernard Coudière
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YVETTE GALITZ
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QU’EST-CE QUE C’EST LE BONHEUR
Le Bonheur,
C’est un rien ou bien si peu de chose,
Un énorme bouquet ou une seule rose,
Les larmes au bord des yeux, c’est quand le cœur explose,
C’est toi pour moi, moi pour toi en overdose.
Le Bonheur,
C’est un matin de soleil pour un jour grandiose,
C’est la pluie, c’est le vent, c’est la métamorphose
De l’hiver en printemps. Toutes les fleurs écloses
Et tout ça, c’est la vie, rien que la vie, et j’ose
J’ose te dire que j’en oublie tous mes vers, ne reste que la prose.
Tu vois,
Le Bonheur, c’est le chagrin qui se repose.
IL NE RESTE QUE QUELQUES MOTS
Quand le soleil se noie au bout de l’horizon
Que le vent de la nuit rafraichit la campagne,
J’écoute encore ces mots et j’en perds la raison
A quoi ont-ils servi ces châteaux en Espagne ?
Des mots, il ne reste que des mots
Et ils me parlent d’amour et ils me parlent de toi.
Tous ces mots qui n’ont pas été dits
Seulement des regards, des moments de tendresse
Ces mots que l’on prononce en fin d’après- midi,
Et les mots que l’on dit comme par maladresse.
Des mots, il ne reste que des mots
Ils me parlent de nous, ils me parlent de toi.
Se sont en allées les ombres
De ce tout, il ne reste rien.
Rien que quelques mots
Et quand l’orage gronde
Je les entends parfois
Et ces mots sont les tiens,
Rien que ces quelques mots
Qui reviennent de l’ombre
Et ils me parlent d’amour et ils me parlent de toi.
SUPPLIQUE
S’il vous plait,
Juste un instant,
Quelques secondes !
Oh ! Je vous en prie !
S’il vous plait, rien qu’un peu de temps !
Ce n’est pas possible, tu dois faire comme les autres,
Tu dois partir !
Oh, mon Dieu ! Non !
Allez, va-t-en !
Non ! Non !
Je ne veux pas mourir !
Pars, il est temps !
Soyez gentil, juste un instant !
Non, tu vois, les grands oiseaux noirs sont déjà de retour
Tu le sais, tu ne peux rester !
Mais, je refuse de mourir, je me sens encore si jeune !
Je suis la dernière arrivée.
J’ai le droit de rester !
Non !
Non, tu vois, je ne puis te permettre de rester car,
Je sens que je m’endors et je ne pourrai pas te soutenir
Plus longtemps.
Alors, vas-t-en !
Mais où aller ?
Vas vers tes sœurs !
Pourquoi ne puis-je plus vivre ?
Regarde, tes compagnes sont en bas, elles t’attendent..
Mais, que ferais-je en bas ?
Tu danseras avec elles dans la lumière de l’été indien
Et quand le vent se lèvera,
Tu seras toi aussi, la poussière dorée de l’automne.
L’ORAGE
Les oiseaux se sont tus,
Les vaches, dans le pré se rassemblent
Sous le saule en pleurs qui tremble.
Il n’est que midi, pas plus.
Pourtant, l’obscurité tombe sur la campagne.
De gros nuages noirs dévalent de la montagne.
Il fait chaud ! bien trop lourd !
Bergère, vite rassemble tes blancs moutons,
Vois l’orage qui vient du bout de l’horizon.
Le vent, au ras du labour
Draine une poussière dense qui danse
En volutes pressées au bord de la Durance.
Tous les chevaux du vent
Galopent dans les nues au milieu des éclairs
Et les coups de tonnerre qui roulent dans les airs.
Mon ami, tu entends
La complainte du vent qui chante et fait le fou
Réveillant dans le noir la vieille tuile à loup.
Des heures ou un instant
Passés dans la terreur, puis l’orage s’enfuit,
La terre enfin respire, rejetant l’eau de pluie.
Le soleil renaissant
Illumine la vapeur qui monte de la terre.
L’oiseau chante à nouveau oubliant le tonnerre.
J’AI VU UN VER LUISANT QUI SE MEURT
En vous quittant ce soir, je regardais la nuit,
De toutes ces étoiles, la mienne s’était enfuie.
Dans le fond de mon cœur, une petite flamme
Oh ! A peine vivante pour éclairer mon âme.
C’était comme un ami, un petit ver luisant.
Bien caché au fond de mon cœur
J’ai un ver luisant qui se meurt.
J’aurais besoin d’un peu d’amour.
Un rien du soleil des beaux jours.
Comment veux-tu que je m’envole ?
Je ne suis que simple luciole.
Un petit bout d’espoir brillant,
Malgré la peine et les tourments.
Ouvre ton âme à la lumière
Ne la garde pas prisonnière
Disait la flamme à ma détresse.
La clarté c’est beau, c’est « tendresse » !
Petit ver luisant, mon ami,
Vraiment, l’amour m’est-il permis ?
Ne fais pas de vaines promesses.
Je sais, l’amour vaut une messe !
Moi, je veux simplement voler,
A ses feux encore me brûler.
Enfin, oublier mes blessures
Pourvu que l’amour me rassure
Qu’il fasse briller mon ver luisant
Pour éclairer mon temps présent.
fin des poèmes d'vette Galitz
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RENÉE GAILLE
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LES CHATS PERSANS
Les chats persans
Transperçants
Caressants
Frémissants
Bouleversants
Les chats persans
C'est la musique
Toutes les musiques
L'envie de vivre
La rage de vivre
Chanter j'aime
Je t'aime
Hurler une maison
Pas une prison
Aujourd'hui comme hier
Non aux barrières
Les chats persans
C'est un cri
Contre tous les interdits
C'est une lutte
Poète prends ton luth
Et nous donne cette clé
Tant convoitée
De la liberté
Les chats persans
C'est la jeunesse
C'est l'ivresse
C'est l'énergie du désespoir
Et la dynamite de l'espoir
C'est une marche pour la victoire
Renée Gaille
QUE LA LUMIERE SOIT ET LA LUMIERE FUT !
Ô matin radieux
Qui t'offre à mes yeux
Lumière du soleil
Le beau réveil
Volets entrebâillés
Je ne veux plus sommeiller
Je veux m'émerveiller
Partout te voir entrer
Sur moi te poser
Me caresser
M'éclabousser
En toi me baigner
La journée sera belle
Je prendrai mon ombrelle
Ô lumière du jour
M'amèneras-tu mon amour
Quelle joie
Je le vois
À la lumière de toi
Lumière de lui lumière de moi
Nous nous embraserons
Nous aimerons
Et quand tout sera noir
Etoile ne va pas me décevoir
En toi je mets mon espoir
À l'heure où je te dis Bonsoir
Renée Gaille
MIROIR
Pourquoi me renvoyer
Cette image fripée,
Me rappeler que je me suis fanée
Ces dernières années.
Oui, j'étais jeune et belle
Insouciante Isabelle
Jusqu'à ce jour où tu le sais
Le visage me suis mutilé.
Pourquoi, qu'avais-je fait ?
J'en suis encore à me le demander.
Ni volé
Ni violé
Pas même tué
Et pourtant traquée
Par la foule déchainée,
Hors d'ici l'étrangère
Va-t-en sur d'autres terres !
Miroir, je ne t'ai jamais aimé,
Tu es trop indiscret
C'est assez,
Je veux t'échapper
Je vais te briser
Tes débris jetés
Détruits tous les reflets
Et peu-être enfin, LIBERTÉ retrouvée.
Renée Gaille
LA SOLIDARITE
C'est vrai mendiant
L'air accueillant
Je passe devant toi tous les jours
Sans te dire bonjour
Si tu me leurres
Moi aussi je te leurre
Complice de la peur
Rom expulsé
Triste exilé
Femme bafouée
Il faudrait une cordée
Pour vous libérer
Pleine de dédain
Avec entrain
Vite je m'échappe
Je cours à mes agapes
Mais que ce choeur est taraudant
Je ne suis pas du genre indifférent
Je cherche un fil pour parler
Harmonieusement communiquer
Ô exclu
De la main je te salue
Qui que tu sois
Je pourrais être toi
Non je ne veux plus m'écarter
Vivre à côté
Je veux avec les tiens réseauter
J'ai soif de SOLIDARITE
Renée Gaille
LE PRINTEMPS
Printemps
Je t'attends tous les ans
Le coeur battant
L'hiver a fait son temps
C'est ton heure maintenant
Salut revenant
Ô Printemps des poètes
Vive les rêves en fête
Printemps du cinéma
Courons Porte des Lilas
Dieu que la nature est belle
Partout elle étincelle
Gazons prairies divines mosaïques
Fasse baguette magique
S'exprimer boutons d'or et violettes
Crocus jonquilles pâquerettes
Et les exquises primevères
Sur les tapis verts
Avant que ne les extermine
Une lame assassine
Marronniers cerisiers en fleurs
Arbres odorants prometteurs
J'aime vos couleurs
J'aime vos senteurs
Pêcheur sois satisfait
Tu vas pouvoir couler en paix
De longues longues heures
De bonheur
Vole vole vole hirondelle
vole à tire-d'aile
Chante rossignol chante
Chante tu m'enchantes
Ô Printemps ma saison préférée
Tu m'as toujours inspirée
Donné l'envie de versifier
Peindre je ne sais
Mais que rimer me plaît
Je hume un brin de ton muguet
Porte-bonheur discret
Et je te dis Merci pour tous tes bienfaits
Renée Gaille
fin des poèmes de Renée Gaille
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JEAN-PIERRE BRUNHES
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PATRIE
Patrie, Patrie, Patrie,
Ce mot me carillonne plaisamment !
Ce mot me sonne renaissant,
Sans les tambours à la peau sèche,
Sans les trompettes guerrières à se cuivrer d’orgueil !
Là, plutôt, s’agite une affaire de boue
Qui ne colle qu’humide !
Une affaire de crotte maraîchère,
Et de glèbe horticole !
Les humeurs aiment l’humus,
Cet humus humide dû aux sanglots,
Et dû à l’eau qu’épanche la bouche des baisers ;
L’humus, aussi, humblement dit,
D’être, ici,
Sis,
Si bas, si loin des ciels conçus d’apothéoses,
Et de triomphantes chevauchées !
Ô Patrie, ô terreuse d’être foulée des paternels sabots,
Ô mère humaine aux mains laiteuses,
Dont de paroles se pétrissent les pulsions ;
Ô lieues que jalonnent nos bottes enfantines,
Ô lieues que bornent, hélas,
Ces visées de terroirs reconquis,
Et nourries de renaissantes ambitions !
AGONIE
Il y eut un coup !
Était-il dû a ce lointain beffroi,
Et à des bronzes appropriés aux paniques,
Ou bien, là tout près,
A la surrection moite de ta poitrine enfiévrée ?
Était-il de l'horloge,
Dont ma veille guettait les cristallins éclats ?
Il y eut un coup,
Comme cela,
un instant suspendu,
Sans que je le pusse identifier maillon premier
D' une lente mélopée de ta résurrection,
Ou crissement ultime
D' un allégorique sablier !
Alors s'ouvrit, pour moi,
Le temps d' un recours à d' organiques certitudes ,
Dont la vie s'affirmerait plus forte,
De chaque démenti de cessation,
Et déni de rupture,
Et qui, pour toi, s'énoncerait, à présent,
De l' infime variation de ton haleine !
Il eut un soupir,
Sans que je pusse, immédiatement, savoir,
Si ta mort assiégée ouvrait, enfin, ses portes
Aux assauts honteux de mon impatiente compassion ,
Ou si, le Souffle, que j'avais, alors, perçu,
Revendiquait, à lui seul, le regain de tes jouissances !
Jean Pierre Brunhes
Ô Terre de Sienne,
Ô Ciel de traîne,
Ô Dulcinée !
Vos bras dressés aux vents,
Faut-il, encor, qu’on vous agresse ?
Prions, ici, les loups ;
Qu’ils viennent lécher nos plaies !
Non loin de là, Assise veille !
Preux Chevaliers, y feriez-vous une aussi triste figure ?
Interrogation d'un soir
PRES DES TOMBEAUX
Tous ces Savants découvreurs
D 'opulences cryptiques,
De piétés antiques et funérales,
Parviendraient-ils à nous dire
Si le petit pot d'onguent,
Dont on prête aux femmes ensevelies
Des usages coquets,
Fut, non plus monté d'un colombin d' argile crue,
Dont, jadis, dit-on, se fabriqua l' Homme Premier,
Mais, assurément tournassé de mille voltes,
Aux fins d'atteindre par l'épreuve du feu
Aux rougeoyantes céramiques ?
Mais, iraient-ils à conclure
Que ce vaisseau charmant pouvait,
De ce fait, conférer à son baume de jouvence
Le don de lui transmettre encor
La brillance pérenne qu'il devait
A cet éversif brûlement,
A cet essor, neuf éclot
D' un si traditionnel artifice ?
Iraient-ils à prétendre que, de ces lourdes dalles,
Où trouvent à se clore en leur si pieuses niches
De bien fragiles dépouilles,
Jadis, un jour, il y a mille ans peut-être,
Soudain, chacune eut, à s'ébranler à l'aube,
Sous les croisées d'ogives d'une voûte altière,
Et la flamboyance aérée d'arcs ciselés,
Dont chaque pierre épaulait
L'effulgence de vitraux ?
Sinon, comment, alors, argueraient-ils
Cette vigueur printanière
Dont vers les cimes cathèdres,
Maintenant, s'épanouissent,
Ces superbes rosaces, coruscantes et légères,
Et, cependant, natives
D' une concrétion pesante et minérale ?
Ainsi, serait-ce dû à la créance en quelque Eternel Retour
Ou bien, à l'emprise de quelques cycliques folies
Qu' au spectacle de ces tenaces
Releveurs de colonnes,
De ces opiniâtres et sublimes
Radoubeurs de nefs naufragées,
Lors tous accablés, hier encor,
De la violence des séismes,
Nous pussions voir notre époque
Se saisir, ce jourd'hui,
Des milles et antiques renaissances
De cités pourtant sauvagement dévastées,
Et nous pussions contempler de nos jours
Nombre de ses hommes vouloir
Que leurs dépouilles s'imprègnent au tombeau
Des limons jadis arrachés,
Tout là bas, aux monts neigeux,
Et que les temps immémoriaux
Ont, silencieusement, confié
Aux bras féconds des estuaires ?
Jean Pierre Brunhes
Du soubresaut à La Lumière !
Ô Matière, toi qui n’aimes point à être chahutée,
Je te vois vibrer de courtoisie !
Ô Matière, que l’on ne saurait violer sans maléfices,
Témoigne nous de ton piquant !
Au décoché, la corde vibre, toute d’ émoi encor humide
Des lèvres de l’ archer !
Et ma plume, ainsi, frémit d’amour,
Lors que son trait brille et s’enroule,
Et que des lettres s’y nouent !
Oh, que mon trait vibre,
Lors que la corde brille et s’enroule !
Ah, que vibrent mes nœuds,
En cet arc où frémit chaque lettre !
Il me faut chercher en moi,
Là où ça déroge à la chaîne
Où s’appendent de sons les signes !
Il me faut arguer, de friselis et de fredons,
Quelle est la source intarissable,
Où l’eau, pourtant, sitôt s’assèche !
Il me faut nimber d’une ferveur d’attrait
Cette contrée de chiche,
Dont le dénuement même m’abreuve !
Ô voisin de mon être,
Honorable proscrit que la théologie a rendu fugitif,
En vain te cherche-t-on, de chambres contiguës
En caches invisibles !
Les vents coulis et frémissants
Te sont insaisissables et fidèles !
Eux seuls te font cohorte des effluves des pins,
Que le soleil au dehors inonde !
Eux seuls déjà te baignent
Aux ondes lactescentes de l’aube rédemptrice !
Languissants et furieux, ils inondent d’échos
Les voûtes essentielles !
Par elles, les grondements deviennent cris,
Et les cahots indescriptibles, secousses ponctuées !
Alors, monte, irrévocable, et seule élue,
L’onde vibratile où se condensent, émues,
Les humaines humeurs à la liqueur des cieux !
Jean Pierre Brunhes,
Ironie
Fugitive vision
Distribution de Prix, et de Lauriers Scolaires,
Salle des Fêtes pour les infantiles Triomphes,
Sur le fond de la scène ce chemin se prolonge
Et, tourne soudain, au détour d'un bosquet !
Alors, au-delà, les dômes d'une Cité radieuse
Brillent-ils de tous leurs feux,
Ou irrémédiables, fument-elles, leurs ruines assombries ?
Discernement laborieux
Ô rubans rouges, et palmes académiques,
Ô édiles, déjà blanchis par les législatures,
Ô pontifes malicieux pour d' idéologiques frontières,
Devions-nous en attendre des jaillissements d'allégresse
Et des retours inespérés ?
Minute de Vérité
Ou-bien nous celiez-vous, déjà,
De vos gratifiantes et fallacieuses pompes,
Nos au-delà de décadence, et de destructions,
De sales défaites et de précoces triomphes ?
fin des poèmes de Jean Pierre Brunhes.
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ANNA FAURE
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BALLON
INSPIRATION
MATCH
FASTOCHE
COURIR
BONDIR
JETER
PANIER
ENCORE
ENGAGER
LANCER
SAUTER
PANIER
ENCORE
SPORT
SCORE
EXPLOIT
JOIE
ENCORE
VICTOIRE
BOIRE
CHANTER
DANSER
ENCORE
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COULEURS
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Pose sur le papier
de ton pinceau léger
les vibrantes couleurs
du bleu argenté
au rouge orangé
chant du cœur
du jaune nacré
au vert fruité
plaisir et douceur
du rose poudré
au gris perlé
harmonie et splendeur
émotions partagées
sentiments exprimés
c 'est la magie des couleurs
-o-
CHERE AMELIE MURAT
CHERE POETE
UNE ŒUVRE
DES MOTS CHOISIS
DES SENTIMENTS
DES EMOTIONS
DES INSTANTS OFFERTS
RECEVEZ DU CŒUR
DE NOTRE CERCLE
NOS ECRITS
NOS POEMES
EN UN BOUQUET DE MOTS FLEURIS
LA POESIE NOUS RELIE
ET NOUS REUNIT
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UN REVE
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COMME SI L AMOUR
ETAIT LA PRINCIPALE ACTIVITE
COMME SI CHAQUE JOUR
FAISAIT S EPANOUIR LA BONTE
COMME SI TOUJOURS
REGNAIT LA FRATERNITE
ALORS, L HOMME A SON TOUR
SOURIRAIT HEUREUX ET CHOYE
ALORS, L ANIMAL TROUBADOUR
CHANTERAIT LA LIBERTE
ALORS, LE VEGETAL VELOURS
LES COUVRIRAIT DE BAISERS
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LE MIROIR
Oh !
Regarde c’est le miroir du bonheur
Le nouvel ami cher à ton cœur.
Te voir dedans enlève toutes tes peurs.
En lui racontant tous tes malheurs
S’envolent ta tristesse et tes rancœurs
Tu l’as utilisé et tu pleures
Maintenant touché de l’intérieur
Tu ressens ce puissant bonheur
D’être transformé en profondeur.
Laisse aller le miroir du bonheur
Par les chemins, par les routes, c’est l’heure
C’est son destin de guérisseur.
fin des poèmes d'Anna Faure
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ÉLISABETH SERRES
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Jeunesse enfuie
J'ai revu aujourd'hui la maison des vacances
J'ai retrouvé émue l'âme de mon enfance
Avec son cortège de joies et d'insouciance
J'ai revu le jardin et le vieux banc de pierre
J'ai retrouvé l'odeur des fruits et de la terre
La chaleur de midi et le bruit des cigales
L'ombre des vieux noyers, l'eau claire du canal
J'ai écouté le chant du merle et du coucou
Qui me disait crois-tu on se souvient de tout
On se souvient de toi , de quand tu étais belle
De tes cheveux défaits, de ta bouche vermeille
De ton rire, de tes pleurs à la fin de l'été
Car tu savais déjà que rien n'est éternel
Et que les souvenirs sont souvent infidèles .
Elisabeth Serres .
Souvenirs lointains
Où sont passés les petits pains
Que j'avais mis dans le jardin
Qui les a pris ? Merle pointu
Ou le petit Turlututu
Qui s'est posé sur ma fenêtre
Et m'a si bien conté fleurette
Que j'en ai eu le coeur joli
Jusque tard dans l'après midi
Qui peut me dire qui a fait ça
Ce n'est pas toi mon petit chat ?
Où sont passés les souvenirs
Dont je ne voulais plus rien dire
Je les ai cachés loin très loin
Ils se sont perdus en chemin
Qui les a vus Merle pointu
Où le petit turlututu
Qui les a trouvés ce matin
Et m'en a chanté le refrain
Et j'en ai eu le coeur meurtri
Jusque très tard après minuit .
Elisabeth Serres .
Le banc de pierre
Le banc de pierre qui était là
Couvert de mousse et de lilas
Où est il , je ne le vois plus
L'ai-je rêvé ou bien connu ?
Il était un peu mon ami
Quand je venais l'après midi
Je m'asseyais à tes côtés
Je te regardais sans parler
J'attendais un geste de toi
Un mot , un sourire , un émoi
Et même en été j'avais froid
Alors je suis partie un jour
Sans oser te dire mon amour
Et le temps a passé dessus
Et tu n'en as jamais rien su
Et si je reviens aujourd'hui
En plein coeur de l'après midi
C'est pour chercher mes souvenirs
Ou peut être essayer d'en rire
Mais le banc de pierre n'est plus là
Plus de mousse plus de lilas
Et le vent me souffle à l'oreille
Que rien jamais plus n'est pareil
Et je le sais et je le crois
Et malgré le soleil j'ai froid !
Elisabeth Serres .
Nostalgie
Ami ne pars pas , il est tard
Viens un peu près de moi t'asseoir,
Que nous parlions de notre vie
Et de notre jeunesse enfuie .
Ah que tout était doux alors !
Pas un seul désaccord
Nous étions jeunes , nous étions beaux ,
Qui a dit que l'on s'aimait trop ?
Le temps a bien changé depuis
Tu as déjà des cheveux gris
Tu as oublié nos vingt ans
Nos serments, nos embrasements,
Qui a dit que l'on s'aimait tant ?
Ami , ne pars pas , il est tard
Tout me revient à la mémoire
Nos rires , nos baisers , notre amour
Il devait durer toujours
Tu le disais , t'en souviens tu ?
Qui a dit qu'on ne s'aimait plus ?
Elisabeth Serres .
Le pont sur le ruisseau
Le pont sur le ruisseau j'y suis passée hier
J'ai pris le chemin creux qui mène à la clairière
Et là dans la douceur et la tièdeur du soir
Au milieu des frissons et des senteurs des bois
J'ai crû t'apercevoir comme venant vers moi
Mais ce n'était qu'une ombre s'enfuyant dans le noir
Ombre de moi , ombre de toi , ombre de nous
Qui pourrait me le dire car je te vois partout
Tu hantes mes jours et mes nuits depuis que tu es parti
J'entends ta voix , ton rire , ton pas , je ne sais pas ...
Je n'ai plus personne à aimer ma tête tourne à t'espérer
Reviens moi mon ami ne crains pas ton retour
Car tu seras fêté , attendu , désiré et moi prête à t'aimer
Il y aura des fleurs, des fruits et puis du vin
Et moi je serai là fidèle comme un chien
Au bord du chemin creux qui mène à la clairière .
Elisabeth Serres .
fin des poèmes d'Élisabeth Serres
Vous pouvez télécharger les photographies proposées ci-dessous:
http://download.cemagref.fr/sngx3xwsar8
MANIFESTATIONS